Le BOUQUETIN des ALPES

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 Mort d'un bouquetin dans le Royans

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THIEBAUD Stéphane



Nombre de messages : 31
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MessageSujet: Mort d'un bouquetin dans le Royans   Mer 18 Mai 2005 - 14:16

Mort du mâle jaune - jaune la semaine dernière. Il a été retrouvé encore vivant au pied de la falaise du Pas de l'Allier. Il n'a été tiré, et visiblement il est mort de septicemie (nombreuses infections). Des analyse sont en cours.
JP Choisy souligne la grande rapidité d'intervention qui a permi de réaliser une autopsie trés rapide à Gap par D. Gauthier.
Dommage
Stéphane
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albertus



Nombre de messages : 34
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MessageSujet: Re: Mort d'un bouquetin dans le Royans   Jeu 19 Mai 2005 - 20:16

triste nouvelle effectivement Confused
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Rémi Leconte



Nombre de messages : 56
Localisation : 04
Date d'inscription : 12/04/2005

MessageSujet: Re: Mort d'un bouquetin dans le Royans   Mar 24 Mai 2005 - 19:48

Bonjour,

J.P Choisy m'a fait passer le rapport des observations et de l'autopsie du bouquetin mort.
Si cela interresse quelqu'un, je peut lui l'envoyer par mail, essayer de le mettre en pièce jointe sur ce forum (si on m'explique) ou alors copier et coller le texte dans cette rubrique
Je ne sais pas qu'est qui est le mieux.

Rémi
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Mathieu Krammer
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MessageSujet: Re: Mort d'un bouquetin dans le Royans   Mar 24 Mai 2005 - 21:25

En effet, Rémi, il serait très intéressant de mettre ce rapport pour que tout le monde puisse le lire.
C'est ce que je vais faire ... !

Bonne lecture à tous

Citation :
Mardi 10 mai 2005 : TRES MAUVAISE NOUVELLE, GRANDE RAPIDITE DE REACTIONS

- Vers 9 h des promeneurs découvrent un bouquetin mâle encore vivant au pied de la falaise du Pas de l’Allier (falaises du cirque d’Echevis, rive droite de la Vernaison) et préviennent (portable) la Fédération des Chasseurs de l’Isère qui prévient des personnes sur place ;

- deux membres de l’ACCA de Châtelus gagnent les lieux, d’où ils téléphonent (portable) au Parc Naturel Régional du Vercors, où Biron (conservateur de la Réserve Naturelle des Hauts Plateaux) me renvoie leurs coordonnées ;

- concertation téléphonique rapide avec eux et D. Gauthier (cf. infra), nous prenons rendez-vous à Mézelier, où ils rapporteront l’animal et me le remettront. Un mâle avec marque plastique jaune sur chaque oreille, lâché en 2000 au Mont Baret, y est resté plus de trois ans, ensuite observé régulièrement aux Rochers du Bournillon depuis le rut fin de 2003 rut (très actif lors de la saison de rut de l’année suivante) ;

- 20h30 : j’arrive à Gap via Grenoble, au labo d’analyse vétérinaire où je suis reçu par Dominique Gauthier : un des rares vétérinaires compétents en matière de faune sauvage, également naturaliste de terrain, éco-éthologiste. Il a dirigé le programme d’étude du Ministère de l’Environnement sur l’éco-éthologie du Bouquetin commencé en 1986, et auquel j’ai participé. Depuis très peu, il est président du Comité Scientifique du Parc de la Vanoise. D’un commun accord, nous remettons l’autopsie au lendemain (ce serait sa huitième de la journée) et je reste chez lui (pour y assister et parce, levé à 4h45, je crains de m’endormir au volant en rentrant à Chamaloc).

Mercredi 11 mai : UNE AUTOPSIE RICHE D’ENSEIGNEMENTS

I – CAUSE DE LA MORT : SEPTICEMIE (= infection généralisée)
Symptômes non équivoques et tout à fait extrême :

- abondance tout à fait anormale de liquide dans la cavité générale : on a plus l’impression d’assister à la rupture de la « poche des eaux » d’une femelle de grand mammifère qui va mettre bas qu’à l’ouverture d’un d’un mâle !

- amas de fibrine dans la cavité générale (production protéique caractéristique des septicémies), particulièrement abondants dans sa partie arrière ;

- altérations marqués de tous les organes sans exception contenus dans la cavité générale, et même jusqu’aux glandes salivaires, notamment extrême abondance de pétéchies (= micro-hémoraggies des capillaires).

- ganglions lymphatiques gonflés.

Divers prélèvements ont été faits pour mise en culture et identification des agents microbiens. L’animal ne présente pas de blessure : ni par projectile, ni fracture. Très malade, il est descendu au pied de la falaise où il a été trouvé, couché sur le côté, encore vivant mais agonisant, il est mort peu avant 15 h. Quelques érosions cutanées localisées montre qu’il a sans doute fait au moins une petite chute mais il n’est pas tombé du haut de la falaise.

II.- PRESENCE DE LARVES DU TENIA
Présence de plusieurs cysticerques (= larves) d’un ténia dont l’adulte vit chez le chien (autres canidés aussi ? Je me renseigne) qui ne sauraient être la cause de la mort.

NB Soulignons la pertinence et la rapidité de réaction de la chaîne des divers acteurs concernés, professionnels de la faune ou non. D’où une arrivée de l’animal au laboratoire de Gap, au frais donc, environ 5h 45 après sa mort : conditions optimales pour l’autopsie comme pour la mise en culture des prélèvements, ce qui doit permettre d’identifier l’agent pathogène.

III. – BOUQUETINS LACHES DANS LE ROYANS : STRESS DE DEPAYSEMENT INTENSE ET DURABLE, SURMONTE AU FIL DES ANS. UNE NOUVELLE CONFIRMATION PARTICULIEREMENT PROBANTE

Les anneaux de croissance des cornes de l’individu autopsié montrent :

a) Un effondrement de la croissance l’année de lâcher ;

b) Une tendance à la reprise de la croissance l’année suivant le lâcher ;

c) Une reprise d’une croissance soutenue ensuite ;

d) Le ralentissement habituel de croissance avec l’âge.

Cette extrême singularité par rapport aux accroissement constatés après lâcher dans d’autres biotopes constitue la plus récente et la plus probante des confirmations de hypothèse explicative : crise de dépaysement éco-éthologique extrêmement intense mais progressivement totalement surmontée. L’apparence externe de l’animal était celle d’un parfait état général : la septicémie, foudroyante, ne lui pas laissé le temps de maigrir.

RAPPEL

ALTERATION DU COMPORTEMENT ET DEFAUT DE REPRODUCTION
Dans les falaises du Royans les bouquetins ont montré un comportement altéré, très différent de ce qu’on observe habituellement après lâcher : faible dispersion, faible regroupement en harde et surtout défaut de reproduction : ni rut, ni mises bas (sauf celles des femelles lâchées déjà pleines).

INTERPRETATION : HYPOTHESES

a) Génétique et écologie
Conditions écologiques du biotope de lâcher (faible altitude : 250 à 1216 m, abondance des ligneux, etc.) au-delà des limites de tolérance l’espèce, génétiquement fixées.

b) Ethologie et écologie
Stress durable de dépaysement induit par une très faible pertinence, dans le biotope de lâcher, de l’expérience acquise dans le biotope d’origine par les individus lâchés, du fait conditions écologiques extrêmement différentes. Ceci tant au point de vue physiologique, climat notamment (de la haute à la basse montagne) d’où également une offre alimentaire différente que, plus encore, éthologique, notamment prise de repères visuels et conditions de déplacement : importance du couvert ligneux dans le biotope de lâcher, alors qu’il était très réduit dans celui d’origine. La différence de géomorphologie ne doit guère jouer : analogue pour les individus lâchés en 1989-90, elle n’a nullement entraîné les mêmes conséquences.

TEST DES HYPOTHESES

a) Génétique et écologie
L’hypothèse est incompatible avec de nombreux faits :
- l’écoéthologie générale de l’espèce et des autres bouquetins du monde ;
- les données archéologiques du Royans (abondance de restes de bouquetins, datant d’époque de climat aussi bien froid que chaud) ;
- l’état général et la croissance des bouquetins dans le Royans : observation directe, photos et deux autopsies. La femelle, braconnée, comme le mâle victime d’un comportement cynégétique gravement irresponsable étaient en parfait état sanitaire en dehors des blessures, par projectiles et du fait de la chute induite ;
- la disparition à long terme des altérations physiologiques et éthologiques : cf infra.

b) Ethologie et écologie
Une « sortie de crise », elle, est rationnellement très compatible avec l’hypothèse. Or, elle est attestée par des faits toujours plus nombreux :
- première saison de rut : fin de 2003 et début de 2004 ;
- amorce de regroupement en hardes : même période ;
- les premiers cabris conçus sur place sont nés au printemps 2004 ;
- deuxième saison de rut beaucoup plus soutenue, de novembre 2004 inclus à fin janvier 2005 ;
- regroupement en hardes beaucoup plus net et plus durable ;
- crise de croissance et retour progressif à la normale démontré par l’examen des cornes de l’animal autopsié : cf. supra.

Texte : Jean-Pierre CHOISY - PNR du Vercors

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Mathieu Krammer
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