Bonjour les amis !
Pour le coup je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous.
Je ne suis pas de ceux qui "mythifient" le loup (car il y en a), pour qui c'est un animal intouchable.
Pour moi, le loup est une espèce comme une autre. Et comme toutes les espèces menacées, je suis pour leur protection.
Le loup n'est toujours pas sauvé sur notre territoire. C'est en bonne voie avec 80 bêtes et une dizaine de meutes reproductrices dont plus de la moitié sont transfrontalières, mais ce n'est pas encore fait (une quinzaine de meutes reproductrices stables).
Je persiste à croire que le fait d'autoriser des bergers à tirer sur les loups, c'est la porte ouverte à toutes les dérives.
Regardez ce qui est arrivé en juillet dans les Bauges : un berger a tiré sur un canidé qui rôdait autour de son troupeau. Il a déclaré croire que c'était un chien et il a tiré un loup. Mais surtout, il convient de rappeler qu'aucune attaque avait été enregistrée sur son troupeau.
Si ce droit de tir venait à être accordé aux bergers et éleveurs, quelles seraient les garanties que l'animal a été tué en situation d'attaque du troupeau ? Aucune malheureusement. Et j'ai bien peur que d'autres loups que ceux qui s'attaquent réellement aux troupeaux soient tués, absolument pas en situation de "légitime défense" pour l'éleveur ou le berger.
Ainsi, pour moi (mais ce n'est que mon point de vue, qui peut se discuter !), cette mesure serait désastreuse pour l'espèce, que ce soit dans les Alpes maintenant ou dans les zones qui sont en train (ou seront bientôt) recolonisées (Jura, Pyrénées, Massif Central...)
Par contre, je suis tout à fait d'accord avec vous lorsque vous dites qu' on "marche sur la tête" avec les agents ONCFS, plus occupés à tirer les loups plutôt qu'à "chasser" les braconniers et protéger et suivre l'espèce. De même pour les empoisonnements sont une calamité pour toute la chaîne alimentaire (3 aigles empoisonnés dans les Alpes du Sud entre février et juin 2005, le chien d'une scientifique, la découverte de 2 brebis errantes dans les Monges avec des capsules de cyanure autour du cou en juin 2005...).
Ensuite, pour moi toujours, le droit de tir accordé aux éleveurs voudrait dire que c'est la seule solution.
Or, dans tous les pays où vivent les loups, la cohabitation n'est possible qu'avec les mesures de protection. Les tirs sont une chose, mais ils ne règlent jamais le problème à eux-seuls.
Or en France, depuis 13 ans, on ne s'est toujours pas posé le problème de fond de la cohabitation et on en arrive à une situation où l'on arrive toujours pas à vivre avec, alors que la population devient de plus en plus importante (elle n'est certes pas 100% viable, mais elle s'en rapproche).
Enfin, voici mon point de vue tout à fait personnel.
En tout cas, cette discussion est des plus passionnantes !